Rénovons le PS en Languedoc

Les jeux sont faits, rien ne va plus...

Jamais un 2e tour n'aura généré si peu de suspens. Les seules variables qui seront tranchées dimanche seront l'ampleur du groupe majoritaire LREM et le nombre de députés de gauche sauvés.

 

Il va falloir maintenant tirer le bilan de ces 8 mois de campagne (primaires comprises). Le macronisme s'est largement imposé comme nouvelle variable politique dans ce pays. La droite et la gauche lui ont ouvert un espace politique inédit qui lui a permis de structurer une nouvelle force politique agrégeant les centres droit et gauche. In fine, on en revient au radicalisme de la 3e république (la défense de la laïcité en moins). Macron a su flairer le bon filon et surtout profiter des erreurs des autres. La droite, elle, a perdu une élection imperdable. Elle risque d'avoir du mal à s'en remettre.

 

Et le PS dans tout cela ? Pour tout dire, on ne pouvait que s'attendre à une défaite et ce, depuis longtemps. Par contre, on ne pensait pas prendre une branlée pareille. Il faut dire qu'on s'en est quand même donné à cœur-joie pour en arriver là : absence de solidarité collective, perte de référentiel politique, appareil aux abonnés absents, double ou triple jeu, incompréhension du contexte politique.. On n'a rien oublié pour perdre pourrait-on dire.

 

La question essentielle, maintenant, c'est de savoir si on est capable de comprendre les raisons de notre échec pour rebondir. Pour tout dire, j'attends de voir. Une partie de nos camarades a toujours la tentation de renvoyer aux autres les causes de notre défaite. Un jour Macron, un jour Mélenchon, ou que sais-je. C'est tellement facile... Beaucoup estiment que c'est la faute de Hamon, ou celle de Valls ou de Hollande, ... C'est un peu la faute de tout le monde si on en est là.

 

J'ai l'impression que cela fait plus de 10 ans qu'on navigue à vue, que le collectif se délite et que le projet socialiste se perd dans des tentatives de synthèses politiques sans saveur. On a fait comme si le problème n'existait pas et cela a marché une dizaine d'années, quand il s'agissait de surfer sur les échecs de la droite au pouvoir. Dans la dernière ligne droite, on a pensé faire du social-libéralisme... mais Macron avait déjà préempté cette ligne. On a alors pensé faire du gauchisme. Manque de bol, Mélenchon fait cela mieux que nous. Et qui plus est, notre ligne déjà pas si évidente que cela à comprendre (même en interne faut-il le dire) était d'autant moins audible qu'on a passé des mois, voire des années à se taper sur la gueule.

 

Autant dire que si le PS veut continuer à exister, il n'y a pas 36 solutions.

 

- Ce parti doit réinventer un mode de fonctionnement collectif, avec une direction et une ligne politique capable de fédérer.

- Ce parti doit cesser d'être essentiellement tourné autour de la gestion de l'égo et la carrière de ses dirigeants

- Ce parti doit se positionner clairement. Doit-on être l'aile gauche du macronisme, un groupuscule capable de faire mieux que le NPA aux élections, ou l'un des acteurs d'une recomposition de l'union de la gauche ? Pour ma part, mon choix est clair. C'est la dernière option qui prévaut et c'est celle que je défendrais au prochain congrès. ET je rappellerai à nos camarades qu'il va falloir apprendre l'humilité. Quand on a fait 6%, on n'a plus forcément les moyens d'être des donneurs de leçons. Mais il n'y a pas de raisons non plus qu'on se fasse tondre la laine sur le dos...

 

Vivement le congrès pour qu'on mette maintenant toutes ces questions sur la table.



17/06/2017
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