Rénovons le PS en Languedoc


Démocratisation des métropoles : le projet qui fait pschitt...

 

En 2014, le législateur a définit un nouveau statut des métropoles, le statut actuellement en vigueur. Comme contrepartie au transfert massif de compétences des communes vers cette nouvelle forme d'intercommunalité, le gouvernement, dans son projet de loi, s'était engagé à instaurer un nouveau mode de scrutin plus démocratique. Il faut dire que le passage, comme dans le secteur d'une agglomération à une métropole a été lourd en compétences transférées. On trouvera ci-dessous les principales compétences réparties entre les deux niveaux communal et métropolitain : 

 

Commune : état-civil, police, urbanisme (délivrance permis), scolaire et périscolaire, espaces verts, social, petite-enfance, équipements culturels et sportifs, etc... 

Métropole  : urbanisme (PLU et SCOT) , économie, voirie, tourisme, eau, assainissement, déchets, politique de l'habitat, transports, environnement, accueil des gens du voyage, politique de la ville, équipements culturels et sportifs communautaires, etc... 

 

On ne peut que constater l'ampleur de ces transferts de compétences. Ces derniers ne peuvent que poser la question du décalage croissant entre une élection encore majoritairement ancrée dans la tête des électeurs dans la gestion communale … et des compétences  principalement gérées à un autre niveau, celui de la métropole. 

 

Pour traiter ce problème, la loi de 2014, (loi MAPTAM) a prévu, dans son article 54, que "le renouvellement général des conseils des métropoles créées par les articles L. 5217-1, L. 5218-1 et L. 5219-1 du code général des collectivités territoriales dans leur rédaction résultant de la présente loi, à l'occasion du renouvellement général des conseils municipaux suivant leur mise en place, est effectué au suffrage universel direct suivant des modalités particulières fixées par la loi avant le 1er janvier 2019." l'idée de créer plus de démocratie dans la fonctionnement de l'intercommunalité est une très bonne idée. Elle permettrait d'avoir un vrai débat sur la gestion de ce léviathan (pour ne pas dire mammouth) intercommunal. Mais justement, parce que l'idée est bonne, elle est désormais enterrée. Le gouvernement et  le parlement avaient jusqu'au 1er janvier 2019 pour faire adopter cette loi (Cette date butoir est lié à la nécessité juridique de ne pas faire de modification de la loi électorale moins d'un an avant l'élection). Ils ont choisi de ne pas le faire…. et pour tout dire n'ont jamais écrit le moindre projet de texte sur le sujet.

 

On votera donc en 2020 comme on a voté en 2014, c'est-à-dire avec un bulletin comprenant deux listes, celle des conseillers municipaux et celle des conseillers communautaires.


21/03/2019
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Européennes : fumée blanche à l'horizon !

 

Cela y est… le conseil national s'est enfin positionné sur sa stratégie aux élections européennes mais que la gestation fut longue !  Le PS a fait le choix de constituer une liste avec Place publique, auxquels se sont agrégés Nouvelle Donne mais aussi la porte-parole de Génération-s. On pourrait voir s'y adjoindre les radicaux de gauche (tendance Derozières).

 

Ce choix n'a pas été simple et une partie du conseil national s'est abstenue, opposée au refus d'une liste socialiste monocolore. Pour une fois, je dois constater que Faure a enfin tenu une ligne… et surtout une ligne réaliste. Donnée autour de 5%, une liste socialiste n'était pas dans une posture favorable, avec le risque symbolique de ne pas franchir cette barre et de ne plus avoir de députés au parlement européen. Bien évidemment, ce choix implique de "sacrifier" la moitié des places aux bénéfices des autres tendances politiques. Mais, soyons sérieux… D'une part, était-on sûr d'avoir des sièges ? D'autre part, si on avait fait une liste PS, on aurait ouvert la liste à destination d'autres groupes politiques ou personnalités. Enfin, je veux pas être un esprit chagrin, mais peu de militants ont candidaté pour figurer sur la liste PS… 

 

Ce choix d'une liste menée par Place publique, quelque soit le résultat final, a un premier mérite, c'est  la dynamique unitaire. Cela ne veut pas dire qu'il y aura union de la gauche aux européennes. Pour être clair, pour les européennes, c'est déjà trop tard. Mais on donne une dynamique qui peut prendre plus d'ampleur pour l'après, c'est-à-dire pour les futures élections locales de 2020 et 2021. Enfin, le second mérite de cette alliance, c'est qu'elle permet de distinguer ceux qui prêchent l'unité et ceux qui la font. De ce point de vue, le PS adopte la voix de la raison et donne un signal au sein de la gauche. C'est peu dire que l'on a pu nous reprocher nos batailles d'égo. Mais pour une fois, on ne demande même pas la tête de liste. C'est dire jusqu'ou nous sommes prêts à aller ! 

 

Cette tentative unitaire est, il faut le dire, limitée à la  gauche de tendance socialiste. Cela ne signifie pas que la dynamique unitaire doit se limiter à cette seule gauche. Cela veut seulement dire qu'il faut bien commencer quelque part… Autant commencer par là, avant d'aborder, à terme, des discussions avec l'ensemble de la gauche. 

 

Tout ceci étant dit, il reste maintenant à concrétiser cette liste et à mener la campagne des européennes. Le PS a fait un choix osé, avec une personnalité tête de liste qui n'a jamais été dans l'arène électorale. IL faut le dire, c'est un pari risqué. Mais qui ne risque rien, n'a rien nous dit le dicton. 


20/03/2019
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Le PS face au syndrome Nokia

 

Olivier Faure a mis les pieds dans le plat. le PS isolé aux européennes, c'est le risque de ne pas avoir de représentants socialistes au parlement européen. Les sondages ne disent pas autre chose avec un score annoncé qui tourne entre 4 et 6%. Nous sommes devenus le Nokia de la politique… Leader incontesté du marché, nous sommes au bord de la cessation d'activité, faute d'avoir réussi à prendre en temps et en heure le bon virage. Nokia n'a pas vu venir le smartphone, le PS n'a pas vu venir la déception grandissante qu'il suscitait. La question, dès lors, c'est de savoir si le PS est condamné à disparaître ou s'il peut rebondir sur le marché politique. Il est vrai qu'actuellement, on a du mal à voir d'où viendra le rebond. Un programme qui reste à construire, un leader dont la notoriété est infinitésimale, des cadres intermédiaires et élus qui croient encore pouvoir, à eux seuls, inverser ce destin… C'est peu dire que l'on a encore des obstacles à surmonter. 

 

La proposition d'Olivier Faure d'appeler au rassemblement de la gauche, dans ce contexte, est plutôt une bonne idée. Le seul bémol que j'exprimerai c'est que, vu l'état de la gauche, cet appel à l'union doit englober l'ensemble de la gauche, France insoumise comprise. Mais, bon, il faut bien commencer quelque part. Pour une fois, je soutiens la démarche de Faure, d'autant plus qu'il est même prêt à accepter L'idée que cette liste d'union ne soit pas pilotée par un socialiste. Là, je dis bravo. Je ne sais pas quels seront les contours de cette alliance, qui viendra finalement autour de la table, mais je pense que nous n'avons plus, aujourd'hui d'autre option, pour les européennes, mais aussi pour les municipales d'ici un an que de construire cette dynamique unitaire. Certains socialistes vont me dire, c'est inacceptable. Je leur répondrai que l'on ne fait que refaire ce que l'on a déjà fait. En 1965, alors que la SFIO était au fond du trou,  elle  a décidé de ne pas présenter  de candidat  à l'élection présidentielle et en de se rallier à la candidature de François Mitterrand, à l'époque non membre du PS. Progressivement, elle a reconstruit l'union de la gauche non communiste, puis l'unité de la gauche avec le PC ce qui lui a permis  de revenir au pouvoir.

 

Le parti est-il aujourd'hui prêt à accepter cette logique ? On sera bientôt fixé sur la question. 

 


08/02/2019
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Réfonte du modèle démocratique : le gouvernement face au casse-tête des revendications des gilets jaunes

 

Après le pouvoir d'achat, les gilets jaunes ont ouvert un 2e front, celui des rapports entre gouvernés et gouvernants. Ce débat est à plusieurs niveaux. Le niveau le plus basique, c'est l'hostilité exprimé envers les gouvernants, avec les critiques traditionnelles du système : tous pourris, trop d'élus, trop payés, trop cumulards, etc. A un niveau plus élevé, on ne se limite pas à une critique du système, mais une partie des gilets jaunes propose de nouveaux outils de gouvernance pour un système politique plus participatif. On oscille entre le mandat impératif et le référendum d'initiative populaire voire la suppression du Sénat.

 

Le gouvernement qui avait gardé sous le coude son projet de réforme constitutionnelle pour la rentrée parlementaire de janvier est bien embêté. D'une part, le calendrier n'est plus tenable si on doit maintenant, à la demande du Président, organiser des débats sur tout le territoire. Autant dire que le projet gouvernemental a peu de chance de voir le jour avant le printemps. D'autre part, la réforme que prévoyait le gouvernement ne remettait pas forcément en cause le système tel qu'il existe aujourd'hui. Certes, à la marge, on réduisait le cumul des mandats dans le temps, le nombre de parlementaires… Mais on est bien loin des demandes qui s'expriment aujourd'hui. Que cela ne tienne, le gouvernement semble donc faire un virage référendaire si on en croit le Premier ministre. C'est là qu'on va rigoler. D'ores et déjà, le PS (qui pour une fois est dans le tempo, il faut le souligner), propose, en utilisant le droit existant, une procédure référendaire pour rétablir l'ISF !   D'autre part, les élus de la Loire-Atlantique, qui ont refusé le rattachement à la Bretagne ont  - histoire de refiler le bébé à l'Etat - demandé à ce dernier d'organiser un référendum sur la question. Les grenades dégoupillées sont de sortie… On va voir ce que va proposer le gouvernement. Il est vrai qu'une partie des demandes exprimées aujourd'hui ressemblent furieusement à une remise en cause de la culture politique de la Ve République. Cela me rappelle mes jeunes années militantes avec Arnaud Montebourg. Pour autant, Macron, qui est la caricature de ce que peut produire la Ve République, peut-il accepter de changer de manière notable notre régime politique ? Sur le papier, on dira non. Mais ils sont tellement fébriles que finalement tout est possible… 


18/12/2018
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Le modèle démocratique en débat

 

La mobilisation des gilets jaunes - ce phénomène social inédit par sa spontanéité - est aussi original dans la nature de ses revendications. Au-delà des thématiques relatives à la fracture territoriale ou sociale, il interroge aussi sur la nature du modèle démocratique. Certes, cette mobilisation émergente exprime des visions très disparates de la question. Cela n'a rien d'étonnant au regard de la nature très décentralisée du mouvement qui a du mal à structurer une représentation collective. Référendum d'initiative populaire, démocratie participative, rejet de la démocratie représentative sont des thématiques qui tendent, chez les gilets jaunes, à se développer.

 

 

En attendant de voir ce que donneront ces mobilisations sur la nature de notre modèle démocratique, rien ne nous empêche de déjà réfléchir, nous aussi, à la manière de questionner ce dernier. Cela tombe bien, Lune et Liens organise une réunion publique sur une partie de ce sujet, celui de la démocratie participative dans les collectivités locales. Jeudi 13 décembre 2018, à 20h, Jo Speigel, maire de Kingersheim, vient débattre avec le public de son expérience en matière de démocratie locale et plus particulièrement des dispositifs de démocratie participative. Bien évidemment, cette réunion était prévu bien avant le début de ces évènements !

 

 

"(Re)construire la démocratie locale"

Comment et pourquoi associer les citoyens à la gestion de la ville ? 

Avec Jo SPiegel, maire de Kingersheim

 

Jeudi 13 décembre 2018

20h

Salle Castel

173 Rue Marx Dormoy

Lunel

 

 

 


11/12/2018
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