Rénovons le PS en Languedoc

tribune libre : Parti ou partir ? par Eusèbe Philadelphe

 

 

La lecture du récent livre de Gérard Davet et Fabrice Lhomme apporte une pierre de plus à la question récurrente de l’existence du parti politique et à celle encore plus importante du rôle des militants dans le parti.

François Hollande lâche cruellement à ses interlocuteurs plusieurs sentences irrévocables : « il faut un acte de liquidation, il faut un hara-kiri [du Parti socialiste] », « tant qu’il y avait des partis de gauche, les communistes, les Verts qui acceptaient de faire alliance avec le PS et qui représentaient quelque chose, on n’avait aucun intérêt à refonder le PS. Mais dès lors que ces alliés se sont rigidifiés, sectarisés, il faut faire sans ces partis-là. Comment ? Avec le parti le plus important, on en fait un nouveau qui permet de s’adresser aux électeurs ou aux cadres des autres partis. Ce que vous ne faites plus par les alliances, vous le faites par la sociologie. Par l’élargissement. C’est une œuvre plus longue, plus durable, moins tributaire d’alliances. Vous pouvez imaginer que viennent aussi des gens qui n’ont jamais fait de politique partisane, des gens du centre ».

De l’idéal au réel, il faut dépasser le modèle de la social-démocratie et ses vieilles lunes. Il est incontestable que François Hollande comme d’autres marchent dans les pas de Laurent Fabius, jeune Premier Ministre qui ambitionnait de fonder un parti démocrate français. L’expérience n’a pas été concluante.

A cette démarche historique, le François Hollande de 2016 marche dans les pas du François Hollande de 2003 poussé par l’impérieuse nécessité d’atteindre le deuxième tour de l’élection présidentielle. Si les victoires régionales et cantonales de 2004 ont mis en mal cette stratégie de candidature unique pour 2007, pour 2017 la question ne se pose même plus seule l’absence de 500 signatures pour chaque postulant peut éviter l’offre multiple de gauche au premier tour.

Depuis 2002, il parait pathétique d’évoquer la peur du loup (la poussée électorale du FN) comme seul motif d’unité. Les récentes élections régionales dans le Nord comme dans le Sud rappellent toute l’utilité (pour la droite) mais aussi les conséquences politiques (pour nos électeurs) de la retirada républicaine.

Les choix d’en haut qui s’imposent aux militants d’en bas sont également une remise en cause du fonctionnement des partis politiques en général et du parti socialiste en particulier. C’est l’oligarchie dénoncée par Roberto Michels qui semble avoir de beaux jours devant elle.

Il est évident que les militants sont la portion congrue de l’organisation politique. Le Premier secrétaire national ambitionnait lors de son arrivée en 2014 un parti de 500 000 adhérents. On verra bien combien participeront aux primaires de janvier si elle a lieu. Aucun pronostic à ce jour.

Primaire ouverte, liquidation du parti, incontestablement nos responsables ne font pas la part belle aux militants. Et pourtant pour eux au travers de leurs gesticulations et déclarations, le moment le plus important de l’année 2017 est bien le congrès. Peu espèrent encore dans les Présidentielles et personne n’envisage une victoire aux Législatives.

Dans ce climat de sauve-qui-peut « parti » ou « partir » semblent les seules solutions. De fait, jamais l’analyse de Léon Blum de 1920 n’a paru autant d’actualité : « il faut que quelqu’un reste pour garder la vieille maison ». 2017, un changement d’ère ?



28/10/2016
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