Rénovons le PS en Languedoc


Département - métropole : le poker menteur a commencé

 

En créant les Métropoles en 2014, le Parlement avait crée pour ces dernières des transferts conventionnels de compétences du département, de la région et de l'Etat. Concrètement, une métropole peut demander à l'une ou plusieurs de ces entités le transfert d'un certain nombre de compétences prévues par le législateur. Dès 2014, le législateur avait prévu la possibilité, pour la métropole, de demander au département de récupérer 9 blocs de compétences :

 

- Fonds de solidarité pour le logement (FSL)

- Missions du service départemental d'action sociale

- Programme départemental d'insertion

- Aide aux jeunes en difficulté

- Prévention spécialisée

- Personnes âgées et action sociale

- Tourisme, culture et infrastructures sportives

- Collèges

- Voirie départementale

 

 

La loi MAPTAM laissait une marge importante aux départements puisque en cas de désaccord sur les transferts, seule la voirie départementale passait en 2017 à la métropole. Or, la loi Notre, votée en 2015, a transformé le rapport de force. Désormais, la balance est plutôt en faveur de la métropole puisque en l'absence d'accord entre département et métropole sur au moins 3 des 8 premières compétences prévues, l'ensemble des compétences mentionnées plus haut ira à la métropole à l'exception des collèges.

 

Dans la plupart des métropoles, les choses sont déjà calées avec les départements. C'est le cas de Toulouse. Globalement, dans la quasi totalité des cas, les métropoles n'ont pas demandé à assumer les missions sociales du département et ont choisi a minima.

 

A Montpellier, les choses ne sont toujours pas calées alors que les transferts seront effectifs dans moins d'un an, c'est-à-dire  le 1er janvier 2017. Concrètement, une chose est sûre, la voirie départementale va revenir à la métropole. Pour le reste, les discussions sont encore en cours.... et cela commence à crisper. Un des gros points d'achoppement, c'est la volonté de Philippe Saurel de récupérer la culture. Kléber Mesquida a fait savoir qu'il ne lâchera pas. Il est vrai que ce serait compliqué de lâcher une compétence dont le vice-président est justement le chef de l'opposition socialiste à la mairie de Montpellier et candidat auto-proclamé pour les prochaines municipales. De fait, on ne sait pas si la volonté de Saurel est de se payer Delafosse ou de récupérer certains équipements culturels (le Domaine d'O par exemple)... ou les deux à la fois. En tout état de cause, on peut s'attendre à des discussions tendues sans qu'on puisse, à ce jour, en prévoir l'issue. Certes, la loi donne à Saurel une position de force. Mais Mesquida est loin d'être désarmé. En effet, le président du département peut très bien mettre la pression à la métropole. En effet, en l'absence d'accord, la métropole devra tout récupérer... le social y compris. Or, si la métropole souhaite récupérer certaines compétences, elle ne s'est pas, a priori, positionné pour récupérer des compétences sociales fort coûteuses et qui ne sont pas dans la culture de l'intercommunalité montpelliéraine.

 

Maintenant que le bras de fer est engagé, il ne reste plus qu'à attendre qui va lâcher le premier... ou si on va aboutir à un compromis. Tout est possible et le choix va beaucoup dépendre des choix de gestion et politique des deux présidents. On peut même imaginer que finalement Saurel va accepter de tout prendre histoire de totalement marginaliser le département sur le territoire de la métropole. Un choix néanmoins risqué en terme budgétaire mais qui pourrait avoir son intérêt politique...

 

Rajout : Bien évidemment, comme un camarde me l'a fait remarquer, C'est Renaud Calvat, le maire de Jacou qui est vice président en charge de la culture. Michael Delafosse a en charge le Domaine d'O.


01/04/2016
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Nouvelle carte intercommunale : quelle présidence pour le Pays de Thau ?

 

On en parle depuis plus de dix ans, mais il a fallu attendre le mois de mars 2016 pour y arriver. Le 1er janvier 2017, la communauté de communes du nord du bassin de Thau et la communauté d'agglomération de Thau (Thau Agglo) vont fusionner pour former une seule intercommunalité le 1er janvier 2017.

 

La loi Notre a posé le principe d'une nouvelle révision de la carte intercommunale pour, a minima, donner une taille minimale de 15 000 habitants pour les intercommunalités. Bien évidemment, la loi a prévu de nombreuses exceptions, notamment pour les zones de montagne et les territoires les moins denses. Les EPCI riverains de l'étang de Thau n'étaient pas concernés par cette contrainte, les deux dépassant le seuil des 15 000 habitants. Mais le préfet, qui en avait la possibilité, a proposé de fusionner ces deux intercommunalités. Il a été finalement suivi par la commission départementale de coopération intercommunale. L'opposition des deux EPCI et les dernières cartouches tirées par Commeihnes n'ont pas suffit à enrayer le processus.

 

Il reste donc maintenant à organiser cette fusion. L'enjeu n'est pas mince puisque au-delà de la fusion, se joue la question de la présidence de la nouvelle intercommunalité. Sur le papier, on comprend les réticences du maire de Sète. Il avait été élu avec 22 voix sur 42 comme le président sortant Pierre Bouldoire. Or, l'arrivée des élus de la CCNBT rabat largement les cartes puisque ce sont des communes majoritairement de gauche qui vont intégrer le conseil communautaire. Sur la papier, la gauche semble avoir les cartes en main. Ceci étant dit, rien n'est encore écrit. En effet, les communes du nord étaient opposées à la fusion comme la mairie de Sète par ailleurs. D'autre part, le rééquilibrage à gauche va nécessiter de trouver un consensus à gauche pour porter une candidature alternative à Commeihnes. Or, on a de fortes personnalités à gauche entre Bouldoire, Pietrasanta, l'ex conseiller départemental Morgo, les élus communistes de Sète ou les écologistes de Mèze. Pour dire les choses simplement, faut-il mieux présenter un candidat du nord ou présenter la candidature de Bouldoire qui a perdu de peu en 2014 sa présidence ? Une question pas si simple que cela à trancher. Par ailleurs, pour compliquer le tout, Commeihnes compte bien draguer les communes du nord pour débaucher suffisamment de voix pour s'assurer sa présidence. Il avait réussi en 2014 sur Thau Agglo, ravissant, à la surprise générale, la présidence à Pierre Bouldoire. Pourra-t-il rééditer son coup ? Cela va dépendre d'au moins trois éléments. Le premier est l'environnement institutionnel. Région et Département semblent vouloir favoriser la bascule à gauche de la nouvelle agglo et semblent prêts à mouiller la chemise. Le second est l'efficacité stratégique des candidats en présence. Seront-ils capables de fédérer leurs camps, proposeront-ils un accord négocier pour le nouveau conseil communautaire ? Les mois à venir vont faire l'objet de beaucoup de tractations....


30/03/2016
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Commémoration du 19 Mars : un choix de Hollande à saluer

 

C'est peu dire que je ne suis pas un soutien inconditionnel de François Hollande. Mais je me dois de reconnaître ces choix quand ils judicieux. Commémorer le 19 mars fait partie de ces derniers. Le choix du 19 mars s'inscrit dans la tradition républicaine. Depuis 1918, on commémore les victimes des guerres en se basant sur les dates de cessation officielle des conflits. On a donc pris la date de l'armistice en 1918, de la capitulation en 1945, et donc du cessez le feu en 1962. Cette date du 19 mars a, depuis toujours, suscité l'hostilité de l'extrême droite puis de la droite, ces partis dénonçant le fait qu'après le 19 mars, nombre de rapatriés et surtout de harkis périrent dans ce conflit après cette date. On ne va pas dire le contraire. Effectivement, des gens sont morts après le 19 mars. Mais cette réalité est aussi celles des autres conflits. Des Français sont morts à la guerre après le 11 novembre 1918 (en Russie) ainsi qu'après le 8 mai 1945 (En Indochine). Mais là où la droite est fondamentalement hypocrite c'est en occultant la réalité historique. Qu'est ce qui a donné ce nombre de morts élevé après le 19 mars 1962 ? Globalement, c'est les choix du gouvernement gaulliste qui n'a pas compris la réalité de la situation et a choisi le sacrifier les harkis. Hors, l'héritier du gaullisme, c'est un parti qui s'appelle les Républicains dirigé par un dénommé Sarkozy. C'est bien pour cela que la tribune de ce dernier reprochant à Hollande de commémorer le 19 mars, c'est quand même osé. Quand à l'extrême-droite, ceux qui défendaient l'Algérie Française, ce n'est pas utile d'épiloguer sur un parti qui souhaitait garder 10 millions de nord-africains et qui dénoncent aujourd'hui le poids de cette immigration. Enfin, on a bien compris que derrière ces postures, ce qui se joue entre la droite et l'extrême-droite, c'est la captation du vote rapatrié. De ce point de vue, Sarko rejoue 2007 en pensant qu'il peur déplumer le FN pour gonfler le score de la droite. Pas sûr que le choix soit très judicieux...  


18/03/2016
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Constitution : lâchez lui les baskets !

 

Ce qui devait arriver arriva... En ouvrant la boite de Pandore, il fallait s'y attendre. Depuis cette grande idée de réformer la constitution pour gérer des postures politiques, cela part dans tous les sens. Il faut dire que c'est le l'exécutif qui a commencé le premier avec son projet de déchéance de nationalité. Depuis, la droite s'en donne à coeur joie. Fillon propose d'inscrire dans la constitution l'égalité des régimes sociaux, Sarkozy le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux dans les collectivités territoriales. On a touché le fond... ET pourquoi pas aller plus loin finalement ? Imposer une taille de 1,80 mètre pour être président de la République par exemple ? interdire la candidature présidentielle des candidats démagogues ? Imposer un QI minimal ? Après tout, au point où on en est... Il serait peut-être temps que le système politique se rende enfin compte qu'il fait lui-même beaucoup pour décrédibiliser la politique. Pourquoi s'étonner que les citoyens se posent des questions, choisissent de ne plus voter ou le vote contestataire ?


10/03/2016
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Conseil fédéral de l'Hérault : the show must go on !

Mardi avait lieu le conseil fédéral de la fédération de l'Hérault. Cette réunion était d'autant plus attendue que le dernier conseil fédéral avait eu lieu début juillet 2015...

 

Pour tout dire, la salle était pleine. La raison n'était pas seulement liée à la rareté des réunions fédérales mais surtout à la présence de BFM TV. Pour comprendre la présence de la presse, il ne faut pas se contenter de lire l'ordre du jour. En effet, ce dernier n'était pas très mobilisateur pour les médias : le comité de ville de Montpellier, des questions financières et les cahiers de la présidentielle.  La vraie raison de cette présence médiatique était une motion prévue dans les questions diverses relative au projet de loi El Khomri. Bien évidemment, si les médias étaient là, c'était parce que la fédération avait fait savoir qu'il y aurait ce vote. Conséquence subsidiaire de cette couverture médiatique, la fédération avait rabattu les militants de la majorité. Une salle pleine, cela fait toujours plus sérieux...

 

Au-delà du contenu, cette réunion était encore plus intéressante en terme de contenant. Alors que nous étions habitués aux longs monologues bourgistes, ce dernier s'est mis en retrait, laissant notamment la présidence de la réunion à Renaud Calvat. De même, nouveauté politique ou effet du prozac,  nous n'avons pas connu les postures agressives que Bourgi a pu adopter dans le passé. Par contre, tout le monde a pu noter les nombreuses interventions de Christian Assaf lors du conseil fédéral, un positionnement qui en dit long sur sa volonté de peser politiquement dans la fédération après avoir raflé la mise aux régionales.

 

Pour ce qui est de l'ordre du jour, nous avons eu une présentation du plan fédéral de formation. Est ensuite venu la présentation et la validation du comité de ville qui va coordonner les dix sections de Montpellier. Bourgi a par ailleurs annoncé un travail similaire à Béziers avec un comité d'agglomération. Je suis intervenu pour savoir quand nous aurons un comité d'agglomération sur Montpellier. On m'a répondu plus tard. On reste donc sur la métropole dans une posture toujours schizophrène avec des élus municipaux de Montpellier dans l'opposition à Saurel et avec des élus métropolitains dans la majorité de Saurel. En attendant, on aura au moins un travail en commun entre sections de la ville. Sur Béziers, toujours pas de débuts de solution relative aux relations tumultueuses entre les sections de la ville.

 

Concernant les finances, ce fut bref puisque la commission de contrôle des comptes n'a pas encore validé les comptes 2014 et 2015. On n'a donc pas voté. Par contre, le trésorier a présenté les grands axes du budget 2016 et a proposé de maintenir la cotisation à 60 euros, ce qui a été acté. Nouveauté, on part sur un budget en équilibre après plusieurs années de déficit.

 

Pour ce qui est de la feuille de route de la présidentielle, Bourgi a présenté le dispositif des cahiers de la présidentielles. On passera vite si ce n'est le débat qui a eu lieu entre le peu d'intérêt pour certains pour ce dispositif et ceux qui ont estimé qu'il fallait être acteur de cette démarche. En tout état de cause, on ne sait pas trop comment cette ébauche de pré-programme s'articulera avec une éventuelle primaire au sein de la gauche. Faut-il encore, ceci étant dit, qu'il y ait primaire...

 

Enfin, on est arrivé aux questions diverses. Initialement, la motion B avait proposé un voeu condamnant le projet de loi relatif au code du travail. Finalement, ce voeu a été discuté en amont du conseil fédéral et a été présenté solidairement par les motions A, B et D. Globalement, ce voeu appelle a réécrire ce projet en discutant avec les syndicats et le Parlement. Pour être clair, c'est une contestation claire du projet du gouvernement, ce qui a quand même surpris une partie de la motion A. On a bien, compris, d'ailleurs, que cette position n'avait pas été discutée, avant le conseil fédéral, au sein de la motion majoritaire. Il faut dire qu'au sein de cette dernière, on s'y perd. Hollande et Valls sont alliés au gouvernement tout en se taclant régulièrement. En parallèle, Cambadélis joue sa propre partition et Aubry a franchi le Rubicon. J'imagine d'ailleurs ce qu'à du être le ressenti, le lendemain du conseil fédéral de la sortie d'Aubry sur l'action gouvernementale... Et on a venir faire la leçon à la motion B après ?

 

 

 


28/02/2016
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