Rénovons le PS en Languedoc


Au bal des faux-culs, les présidents de régions seront rois.

 

On allait voir ce qu'on allait voir... Depuis le vote de la loi Notre, les régions ne sont plus, désormais,  concurrencées par les départements en matière de développement économique. Ces derniers, sauf cas particulier, ne peuvent plus intervenir dans ce domaine. Bien évidemment, comme il ne s'agit pas d'un transferts de compétence, il n'y a pas de transferts financiers du département vers la région. Les régions ont donc demandé à l'Etat de nouvelles recettes pour assumer la fin de l'action départementale dans ce domaine.

 

En soit, la question peut faire débat. Cela fait des années que les régions nous expliquent que la concurrence entre région et département fait redondance. ON aurait pu donc imaginer que l'intérêt de supprimer l'intervention départementale allait permettre plus d'efficience, et donc un coût moindre. Mais que nenni !  Nous avons du mal comprendre... Les régions demandent l'équivalent de 600 millions d'euros. L'Etat a donc imaginé, avec l'association des régions de France (ARF), une nouvelle taxe foncière impactant les propriétaires et les entreprises. Sur le papier, cela fait des années que les régions gémissent de ne plus avoir de latitude fiscale. Elles en auraient désormais une. Certes, on pourrait discuter de la pertinence du nouvel impôt, notamment une taxe basée sur le foncier. Mais pourquoi pas ?

 

Finalement, l'édifice s'est écroulé. Tout piteux, le président de l'ARF a expliqué au gouvernement que cela ne pouvait se faire. Il est vrai, qu'entre temps, une partie des nouveaux présidents de région est monté au créneau pour dénoncer un nouvel impôt. Bon, on se dit, un impôt en moins, on va pas se plaindre non plus. Mais c'est plus vicieux que cela. Les régions demandent des dotations supplémentaires de l'Etat et un part de l'impôt carbone. Pour dire les choses clairement, les régions veulent plus de recettes mais se refusent à assumer l'impôt devant les contribuables. Mais au final, d'où que vienne l'argent, il sera forcément collecté par l'impôt. mais on préfère que cela soit l'Etat qui le collecte, quitte d'ailleurs à ce que certains nouveaux présidents de régions de droite tapent sur le montant des impôts de l'Etat. Mais bon, dans le contexte politique actuel, on n'est plus à une ambiguïté près... Comme faux-culs, on ne fait pas mieux.


18/09/2016
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Investitures législatives : le PS à l'heure des choix

 

 

 

En 2012, le PS avait fait un carton plein avec 9 circonscriptions sur 9 à gauche. Quelques mois plus tard, on retombait à 8 avec la perte de la circonscription de Béziers. Pour 2017, la récolte risque d'être plus maigre. En attendant d'attaquer la phase électorale, le PS va devoir mettre en place le vote de désignation de ces candidats.

 

Le parti a communiqué, en juillet, la circulaire relative aux investitures. Cette dernière décrit les modalités de la consultation. La première phase sera, début octobre,  la définition des circonscriptions dévolues aux femmes. Ce n'est que mi-novembre que se feront les dépôts de candidatures pour un vote de désignation qui aura lieu le 8 décembre. Petit détail qui a son intérêt, la candidature doit prévoir le titulaire et son suppléant.

 

On aurait pu se dire que le nombre élevé de sortants allait tuer tout suspens. Cela risque d'être un peu plus compliqué.

 

La première question à aborder va être celle de la parité. A ce jour, les députés de l'Hérault PS sont 7, 5 hommes et deux femmes. Or,a la circulaire affiche l'ambition d'avoir 50% de femmes candidates. Comment arriver à atteindre ce résultat ... et y arrivera-t-on ? Cela semble un peu compliqué. La situation la plus simple est celle des deux circonscriptions détenues par une femme, la 2e et la 3e. Elles resteront dévolues à une femme. Quelles autres circonscriptions pourraient être féminisées ? La solution pourrait venir du retrait d'au moins au député. ce devrait être le cas de Kléber Mesquida, touché par le cumul des mandats en tant que président du conseil départemental. L'autre solution pourrait être de décidé d'attribuer toutes les circonscriptions que le PS ne détient pas à une candidate, c'est à dire la 1ere et la 6e. Les instances nationales devant trancher le 2 octobre, on devrait avoir logiquement un conseil fédéral pour aborder la question d'ici peu.

 

Deuxième question, quels seront nos accords politiques ? La question apparait simple puisque nous n'avons quasiment plus d'alliés politiques. La réalité va être un peu plus complexe, surtout si on doit aussi tenir compte des objectifs de parité.  Le premier cas de figure à traiter sera un accord avec les radicaux. Ces derniers pourraient demander les deux circonscriptions non détenues par le PS, c'est à dire la 1ere et la 6e. Le tout est de savoir si le PS est prêt à lâcher une ou deux circonscriptions... Les radicaux sont gourmands, mais, après tout, ils ont réussi, lors des européennes et des régionales, à obtenir ce qu'ils voulaient. L'autre problème à traiter est celui de la 1ere circonscription. Le député sortant est l'écologiste Jean-Louis Roumégas. EELV est entré en opposition avec la ligne gouvernementale. Dès lors, que faire ? Le PS est tenté par deux types de lignes. La première revient à dire que puisque EELV n'est plus un allié politique, rien ne justifie de leur laisser la circonscription. L'autre ligne est de penser que l'éventualité du PS au 2e tour de la présidentielle nécessitera d'afficher une volonté politique de rassemblement de la gauche. Dans cette logique, on lui laisserait le siège. Enfin, cette question des alliances devra aborder une question beaucoup plus sensible, celle d'un accord avec Saurel, une question qui concerna le devenir de 4 des 9 circonscriptions de l'Hérault.

 

 

La situation montpelliéraine est le problème le plus épineux que le PS doit trancher. C'est d'autant plus vrai que le PS a un position schizophrène vis à vis du maire de Montpellier. Concrètement, Saurel reste dans la ligne d'un soutien à Valls, donc au gouvernement. Il fera donc campagne avec le PS. Pour autant, localement, il est dans une relation plus complexe. Certes, depuis 2014, il met régulièrement des gifles au PS aux élections. En même temps, il a une position à géométrie variable, décidant de soutenir tel candidat ou de faire battre tel autre. Pour les législatives, par exemple, il accepte, a priori, d'être le suppléant d'Anne Yvonne Le Dain sur la 2e. Mais soutiendra-t-il Assaf sur la 8e, le député sortant étant dans une logique d'opposition face à Saurel ? le PS va donc devoir se poser la question d'accepter ou non un accord électoral avec le maire de Montpellier. Du côté des députés sortants de Montpellier, il semble que l'on n'y soit pas hostile (sauf Assaf évidemment) vu le risque de ne pas passer le 1er tour si la gauche est trop dispersée. Mais cela ne nous dit pas qu'elle sera la position de la fédération. Or, la question Saurel n'est pas qu'une question qui impacte les législatives. Ces dernières sont la dernière séquence électorale avant les municipales de 2020. Dans cette logique, il est évident que le choix qui doit être fait doit trancher de manière plus claire les rapports entre le PS et Saurel. Soit on s'allie avec lui soit on le combat pour reprendre la mairie. Or, le parti est extrêmement divisé sur le sujet à Montpellier et dans la métropole. La fédération va donc avoir la tâche de décider si elle discute ou non avec le maire de Montpellier et de savoir ce qui est acceptable ou de ce qui ne l'est pas en termes d'accords. Lors des départementales, l'accord Bourgi - Saurel avait été rejeté par le bureau fédéral. Il reste à voir ce qu'il en sera en 2016. Le maire de Montpellier pourrait être tenté par un accord ponctuel. Je soutiens sur la 2e mais par forcément ailleurs. Le PS va-t-il ou non accepter ? IL peut aussi proposer un accord intégrant toutes les circonscriptions. Il est évident que si il choisit cette option, il renforcera les tenants d'un accord au PS. Dans le premier cas, ce sera plutôt l'inverse. En tout état de cause, les débats vont être animés à Montpellier mais aussi sur la métropole puisque en 2020 nous aurons une élection à cette échelle. Dans tous les cas de figure, le cas de figure le plus animé va être la 2e circonscription. Anne Yvonne le Dain a annoncé qu'elle serait candidate avec saurel. Si le PS accepte un accord avec lui, pourquoi pas ? Mais si ce n'est pas le cas, que se passera-t-il ? D'autre part, la circonscription est partagé sur la question Saurel. cela signifiera-t-il une candidature alternative à l'investiture ? C'est fort probable...


08/09/2016
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Le radicalisme ou la stratégie du couteau sous la gorge...

 

La belle Alliance populaire a du plomb dans l'aile. Le principal allié du PS a, en effet, préféré claquer la porte. Les radicaux ont mal vécu une initiative qui leur a donné le sentiment d'une gestion très personnelle de Cambadélis en particulier et du PS en général. ça, c'est l'argument officiel. Quand on regarde de plus près, la réalité est plus complexe. Que les radicaux n'aient pas envie d'être englobé dans une recomposition du PS qui ne dit pas son nom, on peut le comprendre. Mais il y a aussi autre chose de tout aussi fondamental. Les radicaux sont déjà à la manoeuvre pour les législatives. Pour être honnête, il faut reconnaître une qualité politique à Baylet. Quand il voit une fenêtre de tir, il sort le fusil. Le parti radical ne pèse peut-être pas lourd. C'est un fait. Mais le PS, qui n'est pas en grande forme, recherche désespérément des alliés pour limiter la casse en 2017. Dans ce contexte, les radicaux vont négocier leur soutien au prix fort. Cela signifie une demande de circonscriptions réservées aux radicaux à la hausse. Quand on voit la fébrilité de nos dirigeants, on se dit qu'ils ont des chances d'obtenir gain de cause. Dans l'Hérault, on pourrait très bien se retrouver avec un candidat radical soutenu par le PS. On imagine mal que cela soit le cas dans une circonscription déjà détenue par le PS. cela ne laisse que deux options, la circonscription de Béziers ou la 1ere de Montpellier. Sur Béziers, les radicaux pourraient proposer Florence Brutus alors qu'au PS Claude Zemmour espère bien y aller pour se relancer après avoir perdu sa place éligible aux régionales. Sur Montpellier 1, l'accord avec EELV semble plus que caduc. Donc le PS ne soutiendra pas le député sortant, Jean-Louis Roumégas. Cela laisse la possibilité de présenter un candidat PS ou de donner la circonscription aux radicaux. Il se murmure "dans les milieux autorisés" que Bourgi pourrait y aller. Pour ce qui est d'une option radicale, ce pourrait être Rozière qui cherche à s'implanter localement.

 

J'ai bien peut qu'il faille attendre l'automne pour voir la fumée blanche sortir des cheminées de Solférino.... et rien n'interdit, au final, que les radicaux raflent les deux circonscriptions...


06/07/2016
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Saurélisme et socialisme, le jeu de cache-cache continue !

 

Le Premier Ministre est venu inaugurer la 4e ligne de tramway de Montpellier. Cette présence faisait suite à l'invitation du maire de Montpellier. On aura noté, ceci étant dit, que les rangs des élus socialistes étaient clairsemés autour du couple Saurel / Valls. A l'exception de Carole Delga, c'était plutôt désert. Encore une fois, on ne sera pas surpris d'une situation parfois (et même souvent) crispée entre le PS et Saurel. 

 

Valls incarne, au sein du PS, une ligne qui accepte de discuter avec Saurel. Il faut dire que le Premier Ministre cherche à sauver la mise pour des présidentielles qui s'annoncent très compliqués pour le PS. Pour les primaires, il vient chercher le soutien de Philippe Saurel pour une candidature Hollande, voire la sienne si ce dernier n'y va pas. Sur cette ligne, on trouve aussi la députée Anne Yvonne le Dain qui annonce sa volonté d'obtenir l'investiture PS avec comme suppléant le maire de Montpellier. Plus globalement, on trouve sur cette ligne un certain nombre d'élus qui aimeraient que cela ne dégénèrera pas entre Saurel et le PS, au risque d'y laisser des plumes électoralement.

 

Plus complexe est le positionnement des socialistes qui discutent avec Saurel sans l'assumer publiquement. On trouve dans cette catégorie en premier lieu le premier fédéral de l'Hérault. Visiteur assidu de la mairie, Bourgi, rencontre fréquemment l'équipe de Saurel. Pour négocier ? Pour dire du bien de ses camarades ? les paris sont ouverts... A la décharge de Bourgi, il n'est pas le seul dans cette situation, mais je n'ai pas tous les noms !

 

La 3e position, c'est celle des opposants déclarés. On y retrouve les postulants à la mairie (Delafosse, Assaf) mais aussi le président du département.

 

Enfin, on note aussi une 4e posture, celle de ceux qui n'ont pas encore d'avis tranché sur la question.

 

Si cela continue, on aura autant de lignes que de militants. Mais ce qui est évident, c'est que sur la question Saurel, le PS n'a pas de ligne. Ce constat n'est pas nouveau. On en a déjà parlé maintes fois. Mais la fédération a tout fait pour éviter, à ce jour, un  débat sur la question. Mais nous sommes à moins d'un an de la présidentielle et il sera peut-être temps que le PS tranche... De toute façon, il ne faut pas se faire d'illusions. Quelque soit le choix du PS, il y aura des victimes collatérales.

 

La première option, c'est le ralliement. Si on a besoin de Saurel à la présidentielle, de son soutien aux législatives, et si le PS n'est pas en capacité de trouver une alternative électorale capable de gagner la ville, alors autant se rallier au panache saurélien. Ce scénario suppose de laisser la main à Saurel mais aussi que ce dernier fasse une proposition crédible d'accord.

 

La seconde option, c'est partir sur une logique de conflit ouvert. Trois ans, ce ne sera pas de trop pour préparer l'éventuelle conquête de  la mairie en 2020. D'où l'intérêt de poser la question dès maintenant. Ceci étant, ce choix amènera le PS à laisser quelques plumes en 2017 lors des élections législatives.

 

En attendant, le pire des scénario serait de ne pas faire de choix. Mais je n'ai pas trop d'illusion, c'est une option qui risque fort d'être celle que choisira la fédération...


04/07/2016
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Europe : on prend les mêmes et on recommence....

 

Finalement, quand on regarde les résultats du référendum britannique, comment ne pas mettre ce résultat en parallèle avec ceux du référendum de 2005 ? Des partis de gouvernement et des élites marginalisées par un vote plus populaire allant de l'extrême droite à l'extrême gauche. On comprend mal pourquoi il n'a jamais été pris en compte cette dynamique qu'avait alors connu la France et la montée en puissance d'un euroscepticisme qui traverse aujourd'hui de nombreux pays. On peut difficilement comprendre l'autisme des institutions européennes mais aussi de nos principaux acteurs politiques nationaux. Se limiter à expliquer que le sens de l'histoire était non négociable, à dénigrer toute position alternative, à marteler des arguments d'autorité, on voit bien où cela mène. La crise de légitimité des élites ne pouvait qu'amener à réduire la portée de ce type d'argumentaires.

 

Mais le pire, ce serait qu'on nous applique la double peine. A défaut de mea cupla, à défaut de comprendre que le non à l'Europe, ce n'est pas que des nationalistes mais aussi pour beaucoup des gens qui ne comprennent pas ou ne se retrouvent pas dans un projet européen qui devient de moins en moins compréhensible. Et le risque majeur, si on continue dans cette voie, c''est d'aboutir à renforcer le nationalisme à tout crin. Autant dire, dans ce contexte, qu'il devient urgent que nos élites assument la situation et apportent des solutions aux questions posées. Ce n'est pas en essayant de ne pas avoir de nouveaux référendums que le problème sera réglé. C'est d'abord en donnant le sentiment que l'Europe peut être efficace, aussi sociale qu'économique et en rebâtissant un destin commun. Il serait enfin temps que le PS se réapproprie ce projet...


24/06/2016
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