Rénovons le PS en Languedoc

Lunel : quelles leçons à tirer du désastre ?

 

Lunel, 4e ville du département, était une ville peu connue. Ce n'est désormais plus le cas, depuis la découverte d'un recrutement important de jeunes  de la ville devenus djihadistes et partis, de ce fait, se battre en Syrie. On n'a jamais vu autant de journalistes et de reportages sur la ville depuis que Midi Libre a révélé le nombre de jeunes Lunellois morts en Syrie.

 

Au-delà des drames vécus par les familles et d'une notoriété dont ce territoire se serait bien passé, le coeur du débat ne peut être que d'essayer de comprendre les éléments de contexte pour tenter de trouver des solutions au problème.

 

Bien évidemment, l'enjeu premier est de comprendre les logiques d'engagement extrêmes choisies par ces jeunes. Opter pour ces solutions suppose une offre. Cette dernière est le fait de recruteurs issus de ces mouvances djihadistes. Mais ces derniers n'auraient pas eu d'audience si le terreau n'était pas favorable. Or, on ne peut que penser que cet appel au djihad est d'autant plus efficace que la diffusion d'un islam plus traditionaliste, parfois même plus fondamentaliste s'est développé sur notre territoire. De ce point de vue, si on ne peut accuser la mosquée de pratiquer l'appel au djihad, on ne peut que regretter que sa vision de l'islam ait participé au développement d'un rigorisme musulman sur lequel les partisans du djihad ont su surfer. C'est pour cela que la première question à poser est celle du rapport entre religions et notre modèle républicain, c'est à dire la laïcité. Mais faudrait-il qu'on définisse de la même manière le terme. Doit-on encore considérer la laïcité pour ce qu'elle a été à son origine , c'est à dire un combat contre les religions ou poser l"idée que la laïcité c'est trouver le cheminement pour que chacun puisse exprimer ses idées et religions dans le respect des autres ? Si on opte pour le 2e modèle, le champ des questionnements est riche mais complexe. En effet, avec qui et comment traiter la question ? L'Etat doit-il intervenir dans le fonctionnement d'une religion ? Qui représente cette dernière ? Qu'elle est la part de l'acceptable dans le discours religieux dans nos sociétés ? Comment aborder le débat alors que notre vision des organisations religieuses, en France était, à l'image du catholicisme, celle d'organisations hiérarchisées autour d'un corpus unique. Or, l'Islam est aux antipodes de ce modèle organisationnel.

 

Mais au-delà d'une question qu'il faudra assumer, l'autre enjeu est de comprendre aussi que le problème ne peut pas se limiter à la seule question de la laïcité et de la religion. Il est aussi socio-économique et culturel. Or, on ne peut que constater, là aussi, le retard des pouvoirs publics et politiques à traiter la question. Or, ces problèmes ne sont pas nouveaux. Rappelons nous que déjà en 2001, la question des Français djihadistes existait déjà. Qu'a-t-on fait depuis pour traiter l'enjeu ? C'est là que l'on constate que pouvoirs publics et partis politiques sont mal à l'aise sur la question, abordent peu ou mal le problème et donc forcément ne proposent pas vraiment de solutions. Or, à défaut de traiter un problème, il y a quand même très peu de chance qu'on puisse le résoudre. On ne finit, de fait, que par traiter la pathologie du problème et non le problème lui-même... Et notre parti lui-même n'échappe pas à ce constat.

 

La réalité à traiter c'est, de fait aussi celle de notre modèle d'intégration. Soyons honnête, Lunel connaît le racisme et la difficulté de l'intégration de longue date. Déjà, en 1983, droite et FN s'alliaient aux municipales. Plus tard, la droite locale reprochait à la municipalité PS d'avoir fait "venir les Arabes à Lunel" (sic). C'est dire qu'être originaire du Maghreb n'est pas forcément facile à vivre localement. Pourquoi dès lors s'étonner que des jeunes qui ont, à un moment donné de leur histoire, cru au modèle d'intégration qu'on leur proposait ont fini par penser que ce modèle n'était valable qu'à condition d'être né du bon côté de la Méditerranée ? De fait, le plein emploi existerait, la question ne se poserait sûrement pas de la même manière. Mais au contraire, le chômage est élevé et endémique sur Lunel. Et ce sont souvent les mêmes qui restent au bord de la route, le niveau de qualification se cumulant à la question des origines. De fait, notre société n'est pas toujours cohérente entre les messages qu'elle émet et la réalité de son fonctionnement. La difficulté, c'est de savoir comment traiter l'ensemble de ces problèmes. En tout état de cause, il apparaît évident qu'à focaliser le débat sur une seule partie de la question, il sera compliqué de trouver une solution satisfaisante...

 

 

 

 

 

 

 



03/02/2015
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