La stratégie des Verts dans la région se dévoile. Certains se demandaient si les écologistes allaient partir seuls, forts de leurs résultats aux Européennes. Il se murmurait depuis plusieurs semaines que Roumégas laissait ouvertes beaucoup de portes et que les Verts ne souhaitaient pas forcément partir isolés. Ils en apportent désormais la preuve, se positionnant comme l’un des axes d’une alliance largement ouverte à gauche.
Pourquoi ce choix ? Les verts restent aujourd’hui convaincus qu’une 2e liste de gauche peut arriver devant Frêche. La seule condition est sa capacité à opérer le rassemblement le plus large possible dès le 1er tour. À cette fin, ils comptent d’une part sur le constat qu’une éventuelle alliance entre les différentes composantes de la gauche alternative est, vu la position du NPA enterrée, d’autre part sur les rivalités internes au PS. La date de cette proposition ne doit rien au hasard. Le PC régional doit se positionner sur les régionales prochainement et la direction nationale du PS devrait enfin aborder la question Frêche dans les semaines à venir. Dans l’hypothèse haute des Verts, il y aurait donc une possibilité d’alliance PC-PG-Verts-voire avec une partie du PS. Roumégas profite d’ailleurs de l’occasion pour rappeler que des contacts existent avec ces différents partis et acteurs. La seule vraie incertitude qui subsiste est l’aval de la direction du PS à cette stratégie, ce qui sous-entendrait que le PS national s’orienterait vers une absence d’investiture régionale, voire un rejet de l’investiture de Frêche. Ce qui pourrait faire pencher la balance auprès d’Aubry, c’est que les Verts comme le PC envisagent sérieusement la possibilité, dans ce cas de figure, de laisser à un PS la tête de liste… Reste à trouver lequel … ou laquelle !
Le sondage publié par la Gazette n’a pas, contrairement à ce que certains pouvaient attendre, douché les ambitions. Au contraire, il semble que ce qui a d’abord été lu c’est que ce type d’alliance pouvait, à minima, s’appuyer sur un socle supérieur à 20 %, hypothèse basse de début de campagne, qui pourrait évoluer au-delà en fonction des choix de la direction nationale du PS. Le fait qu’une triangulaire éventuelle n’empêche pas la gauche de perdre est, de ce point de vue, du pain béni pour les Verts qui n’hésiteront certainement pas à brandir un sondage … financé par les partisans de Frêche !
La seule limite à ce raisonnement est l’attitude de l’électorat Vert, notamment avec l’émergence d’une candidature Drevet. Ce dernier pourrait voir ces chances évoluer à la hausse, si certains électeurs Verts sont gênés par une alliance trop marquée à gauche.
La phase 1 a eu lieu fin septembre, quand 2 sondages,
avec des hypothèses différentes avaient été diffusé autour des candidatures Frêche et Andrieu. À l’époque,
Midi Libre d’un côté et l’Hérault du jour de l’autre avaient, pour des raisons
pas clairement explicitées, minoré pour l’un la portée des résultats, refusé de
publier pour l’autre. Au final, ces sondages n’avaient produit aucun effet sur
le résultat du 1er octobre, à défaut d’avoir eu une audience
significative.
La phase 2 commence avec ce dernier sondage publié dans
la gazette. Voici les résultats du 1er tour :
NPA : 7
Front de Gauche : 11
PS-MRC-CPNT : 29
Verts : 7
Drevet : 5
Modem : 5
UMP : 25
Jeanjean : 2
FN : 9
Au 2e tour :
Frêche m’emporterait entre 42 et 58 % selon les
hypothèses, l’UMP ferait entre 30 et 42, les Verts entre 18 et 19, le FN à
10.
On l’a bien compris, la Gazette reprend un sondage
vraisemblablement payé par la majorité régionale actuelle ou la fédé. C’est de
bonne guerre, c’était déjà, suivant mes échos, le cas du sondage de mars
dernier. Pour équilibrer, il faut rappeler que les sondages d’octobre ont été,
pour celui publié par Midi Libre financé par Solférino, l’autre selon les
hypothèses payé soit par le PC soit par la mairie de Montpellier. (On se dit
qu’il serait sain quand même qu’une loi impose de donner le nom du financeur du
sondage soit dit en passant.)
La force de Frêche, c’est le plan médias, et là, cela ne
loupe pas. Le papier est illico repris par les médias nationaux comme la déjà
montré le site montpellier-journal.fr. C’est normal, l’objectif est de mettre
élégamment la pression sur la direction nationale du PS en montrant que l’on ne
peut se passer de Frêche. D’où le choix des scénarii, l’hypothèse du PS sans
Frêche n’étant pas testée bien évidemment.
Que déduire du résultat ?
1/ Déjà, un truc que l’on n’a pas compris, c’est comment
les Verts peuvent être au 2e tour alors qu’ils ne feraient que 7
% au 1er ? D’autre part, pourquoi le Front de Gauche n’est pas
testé au 2e tour ? L’analyse de BVA nous explique rien de tout
cela… C’est juridiquement invraisemblable.
2 / Le plus important : la droite régionale est dans
les choux, avec un score ridiculement bas. Entre le choix d’une tête de liste
au charisme de porte de frigo et le contexte politique national, au mieux, elle
finit à 42 %…. Même Blanc faisait mieux, c’est dire ! Ce constat est une
bonne nouvelle pour la gauche… pas forcément pour Frêche. D’une part, parce que
si ce contexte est le même en 2010, une autre tête de liste à gauche serait vraisemblablement
aussi gagnante ; d’autre part, cela enlève des doutes à ceux qui à gauche
pensent qu’il faut jouer une triangulaire entre deux listes de gauche et la
droite, surtout si au final, cela n’empêche pas la gauche de gagner…
3/ Au sein de la gauche, la liste Frêche ferait un score
honnête… mais c’est désormais celui d’un président sortant. La prime au bilan, du coup, apparaît modeste.
Par contre, le reste de la gauche (Verts, NPA, et Front de gauche) ferait un score de
25% soit seulement 4 points de moins que celui de Frêche. Bref, beaucoup
d’interrogations, surtout que ces partis n’ont pas encore commencé campagne
alors que Frêche communique depuis 6 ans… Une interrogation cependant, trouver
la bonne campagne de communication pour exister face au mastodonte régional… et
la bonne ligne politique. Le TSF, tout sauf Frêche ne devrait pas
suffire !
4/ On a du mal à croire à ce score des Verts alors que
rien ne permet d’expliquer ce résultat du Front de Gauche ? Vote d’une partie de l'électorat PS pour le PC ou chiffres erronés ?
Au final, un bon coup de communication politique qui peut
produire les effets voulus sur la direction nationale du PS. Tout dépendra
néanmoins de la lecture qu’en font ces dirigeants nationaux et leur volonté de
trancher ou non la question Frêche.
On attend maintenant le sondage de Couderc qui le donne à
60 %…
Cela tousse même dans la majorité parlementaire, je ne
parle même pas de l’opposition ! Le projet est aujourd’hui de plus en plus
attaqué. Fillon attend avec appréhension sa visite au congrès de l’AMF… Déjà,
il s’était fait chahuté l’année dernière… Cette année, cela risque d’être
le lynchage aux dires de nombreux maires. La seule alternative de Fillon,
attraper la grippe A d’ici la mi-novembre…
Et pourtant, l’Etat a déjà édulcoré son texte. Quand on
compare l’avant-projet sommaire et le projet déposé au Sénat le 21 octobre, la
copie a été largement réécrite. La métropole ne sera plus une collectivité, le
nombre de compétences départementales et régionales transférées obligatoirement
ont été revues à la baisse, la plupart étant transférables qu’à condition d’un
accord avec ces collectivités. Bref, si le département y perd, il est loin de
disparaître… et la région ne sort pas renforcée. Pour ce qui est de la clause
générale de compétence, le texte final est de moins en moins clair, un pur
bonheur pour la glose doctrinale dans les facs de droit…
Il n’en reste pas moins des clivages importants :
1/ Sur la méthode : comment demander de voter un
texte de ce type sans connaître les recettes des collectivités et leurs
compétences ? La réforme de la TP est loin d’être rassurante de ce point
de vue-là puisque c’est quand même le noir complet sur les conséquences
financières de cette réforme après 2012 (l’Etat s’étant engagé à compenser les
manques à gagner en 2010 et 2011). Pour les compétences, on ne voit rien venir
actuellement.
2/ Sur la réforme de l’intercommunalité : les règles
changent radicalement avec des règles de majorité qui passent, pour la prise en
charge de compétences ou la définition de l’intérêt communautaire, des 2/3 à
50%. Par ailleurs, entre 2012 et 2014, les préfets obtiennent des pouvoirs
exorbitants, puisqu’en 2013 ils peuvent imposer des périmètres, il en est de
même pour les communes isolées en 2014.
3/ Sur les conseillers territoriaux, c’est l’émeute.
D’une part, les régions sont opposées au retour à une élection très
majoritairement à l’échelle départementale. Les départements n’y sont pas
favorables parce que le redécoupage cantonal se fera sans l’avis du département
(sic !) et que certains départements, puisqu’il s’agit aussi d’élire aussi
des élus régionaux risquent d’être à la portion congrue. En effet, il va
falloir faire un découpage cohérent en termes de représentation géographique
entre les différents départements. Dans cette hypothèse, combien la Lozère aura
de conseillers territoriaux ? Une poignée, comparativement à l’Hérault. Il
en sera de même dans l’Aude. Jusque-là, on rajoutait des cantons pour intégrer
les évolutions démographiques. Désormais, on va fusionner des cantons. Fini les
cantons de la Salvetat ou du Caylar…
Enfin, je ne parle même pas du devenir de la parité dans les futures
régions, parité qui sera réduite à la portion congrue.
4/ En creux, deux interrogations
majeures existent. D’une part, le devenir du monde rural, c’est-à-dire la
majorité du territoire qui s’interroge massivement sur son devenir financier et
institutionnel. Cette réforme rappelle en effet furieusement les projets de la
DATAR des années 70 quand on parlait des métropoles d’équilibre… On renforce les
pôles urbains, pourquoi pas après tout, ce n’est pas totalement idiot, mais on
fait quand même l’impasse sur le reste. Par ailleurs, l’autre débat, à mon avis
plus structurant, c’est la volonté de l’Etat de réduire le périmètre du service
public, en asséchant les capacités d’intervention des communes… On comprend
qu’effectivement le malaise est profond, à gauche…mais aussi à droite.
Le mois de novembre va être long… Depuis le 30 octobre,
les candidatures ont été déposées. Force est de constater que l’enthousiasme
est limité, puisque moins de 90 candidatures seulement ont été déposées. On est
loin de la ruée pour une fédération de plus de 6000 adhérents.
Pour ce qui est de la composition de la liste, on en est
encore aux conjectures. Le conseil fédéral n’aura lieu qu’après le 20 novembre.
Les postulants vont devoir encore attendre. Il faut dire que les enjeux ont
encore besoin d’être clarifiés.
Ce qui est déjà sûr… et annoncé par R. Navarro :
-
Devraient figurer sur la liste le MDC, les Radicaux de
gauche, les partisans de Gayssot et de Pietrasanta.
-
Une représentation des différents territoires devrait
être assuré
Ce qui reste en débat :
-
Le nombre de socialistes sur la liste. Des ajustements
sont encore en cours entre la fédération et la Région. La 1ere qui
ne veut pas être attaquée sur ce point propose de reconduire le nombre de
socialistes de 2004, y compris en position éligible. La 2e souhaite
une liste plus ouverte, notamment au regard des alliances entreprises, donc un
nombre de PS revu à la baisse.
-
La représentation des différentes tendances du PS. Le
débat est actuellement le suivant : soit elle se fait à l’échelle
régionale, soit elle est réalisée dans le cadre départemental. Dans le 1er
cas, cela devrait vouloir dire que les Aubrystes seraient dans les PO, les
partisans de Delanoé du Gard, dans
le 2e cas, cela supposerait que ces deux dernières tendances soient
présentes dans la liste héraultaise. Cela va dépendre d’une part de la volonté
d’ouverture de Frêche et de la volonté de ces tendances de participer à une
liste pilotée par Frêche et Navarro. A priori, les partisans de Hamon devraient
être représentés sur la liste héraultaise, ce courant ayant proposé notamment
des candidatures féminines, la partie de la liste la plus ouverte. Pour les
courants Aubry et Delanoé, la décision n’est pas encore arrêtée.
La constitution de la liste n’est
donc pas en passe d’être encore bouclée…
Il y a les arbitrages locaux à faire… c’est déjà une chose pas simple de
choisir les « bons » militants, susceptibles de respecter la parité,
la représentativité géographique, les logiques internes des courants, ainsi que
la capacité de ces candidats à drainer des voix sur leurs noms… Bon courage,
sachant qu’il y aura beaucoup de déçus ! Pire que tout, il reste à savoir
ce que sera la position définitive du national. En effet, en fonction de cette
dernière, les cartes peuvent être largement redistribuées. La première
difficulté est de savoir s’il y aura une position affichée d’ici le conseil
fédéral, ce qui serait la solution la plus simple ou si la décision
n’intervient qu’après le 3 décembre. Ensuite, il reste à mesurer ce que sera la
position définitive. On s’oriente vers quatre hypothèses possibles :
-
On enterre le dossier Frêche qui peut donc figurer sur
la liste investie par le PS
-
On décide de valider une liste Codorniou, mais sans
Frêche
-
On décide de ne pas accorder d’investiture et on
s’oriente vers deux listes, une partie du PS étant en capacité de construire
une alliance PS-PC-Verts.
-
On décide d’investir une autre liste.
Bref, une équation avec encore
beaucoup d’inconnues… Tout le monde attend maintenant cette décision. Dans le 1er
cas, Aubry valide le projet de Frêche, et accepte d’assumer le buzz médiatique
qui en suivra et la difficulté potentielle des alliances du 2e tour.
À ce jour, ce n’est pas la solution la plus probable, vu l’attitude d’Aubry et
la position nationale de nos alliés PC et Verts. Dans le 2e cas,
Codorniou est tête de liste, le PS rejetant Frêche. Là, c’est formellement
simple, mais cela devient compliqué parce que personne n’a souhaité
sérieusement cette situation, …
notamment ceux qui ont soutenu Codorniou ! Choisir un leurre, c’est une
chose, lui donner les clefs du royaume, c’est autre chose… Dans cette
hypothèse, il n’est pas dit que dans le Gard, l’Hérault et les PO, des
solutions alternatives se décident… tout le monde pensant déjà quand même à
l’après-Frêche en vue de 2014 (il faut quand même rappeler cette évidence). On
peut même imaginer une redistribution significative des cartes dans cette
situation. Il reste à mesurer ce que peut être la position de Frêche dans cette
situation.
Dans le 3e cas, il n’y
a pas d’investiture nationale officielle. Dans cette hypothèse, il est
vraisemblable que le PS régional, au moins dans l’Hérault sera sur au moins
deux listes. Une derrière Frêche une autre tentant de construire une alliance
avec le reste de la gauche. Et là, les choses sont claires, c’est celui qui sort
en tête au 1er tour qui emporte la mise… Faut-il encore arriver en
tête de la gauche. Ce serait la seule région à connaître cette situation.
Le 4e cas,
honnêtement, j’y crois moins, mais il reste possible. Le PS investit une liste
alternative format Union de la Gauche avec une tête de liste PS compatible avec
nos alliés et qui pourrait être soit Mandroux soit Vézinhet. Là encore, Frêche
risque fort de partir même sans le soutien du PS. Il reste à savoir qui, dans
cette hypothèse, va le suivre contre le PS...
Trois films pour évoquer le
devenir de G. Frêche lors des prochaines régionales :
Fort Alamo
Une défaite, mais avec de la
classe… Tout le monde y reste face à l’armée mexicaine, mais avec les honneurs
et le style. Bien entendu, Frêche incarne J. Wayne (le format est bon pour la
hauteur, discutable sur la largeur). Et à la fin, une statue sur la future
place des grands hommes de Montpellier pour commémorer l’événement.
La chute
Une défaite, mais dans l’ambiance
glauque d’une fin de règne, avec toutes les variations d’attitudes face à ce
contexte : la folie, le suicide, la trahison (qui va jouer la trahison
d’Himmler ??).. Sur fond de grandes rasades d’alcool. Les Russes aux
portes du bunker, on tue encore les Allemands trop tièdes ou suspectés de
trahison…
Le retour du Jedi
Quel militant biterrois sera investi face à Couderc sur
la liste départementale en cours d’élaboration par la fédération ? La
question n’est pas simple à régler. Les candidats sont nombreux, les heureux
élus le seront moins… Quand Robert Navarro dit qu’il n’y aura que 8 PS sur la
liste, on peut en déduire qu’il n’y en aura qu’un à Béziers. Qui choisir ?
Il faut, bien entendu, quelqu’un de représentatif sur la ville. Le problème est
qu’il ne reste pas beaucoup d’élus sur la ville… Une poignée de conseillers
municipaux et deux conseillers généraux. Sur l’agglomération de Béziers, un
seul maire, récemment élu, celui de Sérignan, est étiqueté PS. Bref, il n’y a
pas foule…
Une partie des élus semble d’entrée de jeu hors course.
Le premier est Jean-Michel Du Plaa, responsable du groupe PS au conseil
municipal de Béziers et conseiller général de Béziers IV. Animateur de l’ex
courant Montebourg, c’est peu dire qu’il n’est pas en odeur de sainteté auprès
de la fédération avec laquelle il fut maintes fois en conflit. L’autre
conseiller, celui de Béziers III, Michel Bozzarelli n’est pas non plus dans les
cartons. Après avoir défendu Delanoé, il doit par ailleurs gérer une situation
locale pas des plus simples sur Cazouls. Il n’est même pas dit qu’il dépose sa
candidature. On peut aussi écarter les militants trop marqués par leur
engagement dans la motion Aubry, Dolorès Roques, Fabien Nicolas, Hélène
Gasc-Ratiney…
Reste donc un groupe réduit de prétendants, Karine
Chevalier, ex-candidate aux sénatoriales, Claude Zemmour, Antonio Fulleda. Leur
problème est une représentativité limitée. K. Chevalier a été battue aux
sénatoriales, Zemmour aux cantonales, perdant le siège d’Eliane Bauduin qui ne
se représentait pas, alors que personne n’a pensé à présenter Fulleda à une
élection.
Bref, on cherche la perle rare à la région et à la
fédération… Et il se pourrait bien que l’on assiste à un nouveau retour
d’Eliane Bauduin. Fortement sollicitée pour être candidate aux sénatoriales en
2008, l’ancienne papesse du social au conseil général avait alors décliné
l’offre. Elle avait annoncé, il y a peu ne pas se représenter aux régionales.
Elle serait néanmoins ces derniers temps l’objet d’une amicale pression pour
remettre le couvert en 2010. Pourra-t-elle résister à la tentation… Cela
devient trop torride, je préfère arrêter ! En attendant, si cela se
réalise, je peux vous assurer que certains vont vraiment tirer la gueule à
Béziers…
Résumé des 2 épisodes
précédents : Robert « Vil Coyote » Navarro essaie désespérément
d’attraper Williams « Bip Bip » Méric. Mais comme dans le cartoon,
malgré les pièges tendus, ça foire toujours et Bip Bip court encore…
Histoire de Marseillan
(3) : suite et fin provisoire !
Bon, on arrête de rigoler : Fin
septembre, Williams Méric reçoit une lettre du National lui annonçant sa
convocation devant la Commission Nationale des Conflits (que l’on appellera la CNC pour faire plus court) le
6 octobre.
Des pro-Méric lancent à
Thomain : « Allez, on se voit le 6 ! » -« Quoi, qu’est-ce qu’il y a
le 6 ? Je suis pas au courant ».
Sur le coup, ces militants pensent que Thomain joue les innocents …
Méric passe la semaine à préparer
sa défense et demande aux Marseillanais Delmas, Sauvade et Angel,
respectivement signataires des motions D, C et E, (Méric est lui-même
« A ») de l’accompagner rue de Solferino, afin de démontrer à la CNC
que cette affaire n’est pas une histoire de motions.
Arrivés à Solfé, les quatre
camarades patientent dans le hall en attendant que le cas de Sérignan, lui
aussi en appel devant la CNC, soit jugé. Ils apprennent avec surprise que
c’est Navarro en personne qui a été convoqué en lieu et place de Thomain.
Erreur ? Attendez la suite !
3 minutes avant d’entrer en
scène, les protagonistes voient arriver, non pas Navarro, mais … Pradeille et
Denaja !
Tout le monde rentre dans la
salle et se présente, et la CNC fait l’historique de la situation depuis la
mise en accusation de Méric devant la commission fédérale des conflits.
Méric apprend alors le fin mot
de l’histoire. Ce ne sont pas Thomain et 2 autres militants qui l’ont envoyé
devant la commission fédérale des conflits, mais Navarro lui-même !!!!!
Or ce que Navarro a oublié, c’est
que la direction du Parti a changé. Les turpitudes que Hollande couvrait plus
ou moins en échange de « la paix des ménages », Martine n’est
plus du tout prête à les accepter.
Dès lors, Méric et ses amis
n’ouvriront quasiment plus la bouche, car toutes les questions de la CNC vont
aller en direction de Pradeille et Denaja. S’ensuit
alors une partie de tir au pigeon des méthodes anti statutaires de la Fédé et
de ses incohérences. On ne résiste pas à donner quelques extraits d’un
savoureux dialogue :
LA CNC : « On vous attendait aussi pour
juger le cas de Sérignan. Pourquoi n’êtes-vous pas venus plus tôt ? Vous
manquez de respect à la CNC ! ».
Denaja : « Vous nous accusez souvent à la
Fédé « d’égarer » des documents du National. Reconnaissez que vous
nous avez jamais envoyé de convocation pour le cas de Sérignan ».
La CNC : « Comment ?! Tu mets en
doute notre sérieux ? Ce que tu dis est grave ».
Denaja : « Disons que … si j’avais su que
le cas de Sérignan était jugé le même jour, je serais effectivement venu ».
La CNC (s’adressant à Denaja) « On ne
comprend rien à votre dossier. Qui est à l’origine de la saisine de cette
affaire ? ».
Denaja : « Ce sont les 3 plaignants [Thomain et les 2
autres militants, NDLR]».
La CNC : « Mais dans le dossier il n’est
question que plaintes de ceux-ci sur le fonctionnement actuel de la section. Il
n’est nullement mentionné qu’ils remettent en cause l’élection de Williams
Méric ».
Denaja : « On vous fera passer leurs
témoignages à ce propos par fax, si vous le voulez. »
La CNC : « C’est écrit noir sur blanc
dans le dossier. C’est bien la Fédé34 qui a envoyé elle-même Méric devant la
commission fédérale des conflits, pas les plaignants ! »
Denaja : « Je vais vous expliquer.
Contrairement à ce que l’on entend dire, la Fédé marche bien. Il y a juste, sur
plus de 100 sections, 2 qui posent problème : Marseillan et Sérignan.
Avouez que ce n’est qu’un micro problème, 2 sur 100. L’ambiance à Marseillan
est devenue invivable. Les militants se querellent sans cesse et pour ramener
la sérénité dans une ville que la gauche peut gagner aux prochaines
municipales, nous avons décidé de reprendre les choses en main ».
La CNC : « On ne voit pas ce que la
commission fédérale des conflits a à voir avec ça ».
Denaja : « Ben si. En fait, on aurait
pu nommer une commission composée de membres de toutes motions pour traiter
cette affaire. Mais on s’est dit plutôt que de créer une commission ad hoc,
pourquoi ne pas utiliser une commission déjà existante, comme la commission des
conflits ? Je l’avoue, on a pris quelques libertés pour juger un cas très
particulier, mais rien dans les statuts ne permet à la Fédé de ramener le calme
dans une section ».
La CNC : « C’est faux ! Il y a tout
un arsenal pour cela !!!! Et on ne comprends toujours pas pourquoi
vous vous êtes substitués à Thomain ».
Denaja : « je suis juriste, je sais ce
que je raconte ! ».
La CNC : « Tu veux nous expliquer notre
travail ? Attention à ce que tu dis !!! ».
Denaja : « les plaignants ont en fait
émis des doutes sur 8 votants inscrits sur le fichier ROSAM au cours de
l’élection de Méric ; nous avons vérifié et leurs doutes étaient exacts ».
La CNC : « Mais qui avait fait ce
fichier ? ».
Denaja : « Ben … nous ! ».
La CNC : « Donc vous contestez votre
propre fichier ! ».
La CNC : « Le jour du vote pour
l’élection du secrétaire de section, il y avait également un vote pour désigner
le 1er secrétaire national et le 1er fédéral. Avez-vous
invalidé logiquement ces votes aussi ? »
Denaja : « Ben non »
La CNC : « C’est absurde alors ! »
Denaja : « Nous avons considéré
simplement que Williams Méric n’avait jamais été désigné secrétaire de
section ; nous n’avons en fait pas validé ou invalidé ce vote, à la
différence des deux autres ».
Méric : « C’est n’importe quoi !
Depuis mon élection, je reçois des courriers de la fédé où je suis nommément
cité comme secrétaire de section ! Je ne demande qu’une chose
aujourd’hui, c’est d’être clairement rétabli dans mes droits, et qu’on cesse de
bafouer le suffrage des camarades Marseillanais. Les troubles dans la section
sont causés par une poignée de militants qui ont décidé par vengeance
personnelle de m’abattre, quitte pour cela à s’allier avec la droite. Ces
troubles cesseront dès lors que ces personnes auront été jugées indignes d’être
membres du PS. J’ai amené avec moi des preuves les accablant. J’ai actuellement
épuisé tous les moyens de recours à ma disposition contre eux, et je vous avoue
que je suis un peu démuni ; je ne sais plus vers qui me tourner. Je viens
devant vous non pas pour sauvegarder mon intérêt personnel, mais dans l’intérêt
du parti et de ses militants sincères, afin que cessent ces pratiques qui nous
déshonorent ».
Voilà, maintenant, chers lecteurs
de « Rénovons … » vous savez tout sur les dernières histoires de
Marseillan. Si je n’en avais pas été un témoin direct, je n’aurai jamais cru
que des règlements de compte puissent se faire ainsi, en méprisant à ce point
les règles les plus élémentaires de vie dans le Parti ; j’ai vu beaucoup
de choses qui m’ont fait tiquer, mais des comme ça, jamais !!!!
J’ai relaté cette affaire sur un
ton léger et humoristique ; comment voulez-vous faire autrement, quand on
entend la Fédé ou ses représentants débiter autant d’énormités devant la
CNC ?
Là où c’est moins drôle, c’est
qu’un certain nombre de militants sincères sont écœurés et ont décidé de ne
plus reprendre leurs cartes cette année à Marseillan. Mais n’était-ce pas le
but recherché ?
Comment se finit cette
affaire ? Je laisse maintenant le soin au ouebmasteure de publier la
décision de la CNC, dès que nous l’aurons !!!!
Merci à tous de votre attention
et merci surtout au ouebmasteure de faire vivre son site indispensable et
irremplaçable !
Le Marseillanais enragé, engagé
ou entagé (cf. Lo Cranc), c’est comme vous voulez !
Après les propos de Buffet, la
position nationale et locale des Verts… Il fallait bien que les partisans de G.
Frêche montent au créneau. On pensait que c’était Codorniou qui allait
s’exprimer, mais il faut croire que son rôle historique est déjà terminé. C’est
donc Robert Navarro qui s’en est chargé ( Après ces dernières sorties, on a
préféré mettre en sourdine le président de région pour l’instant).
Pour dire quoi ? Pour
seulement dire ce que l’on savait déjà, c’est-à-dire prendre acte du refus du
PC, du PG et des Verts de s’allier avec Frêche…. Donc, la liste Frêche
comprendra le MRC (Béatrice Négrier… ou sa fille !), les Radicaux de
gauche (Delfau et Lopez) plus Jaoul plus des Ex-verts (Pietra-Giordano). Et
bouleversement de taille, une association régionaliste, Païs Nostre, des
nostalgiques de la Septimanie sans doute… Bref, c’est ce que l’on pourrait
appeler une alliance resserrée. Cerise sur le gâteau, la fédération annonce des
« Rencontres de la fédération ». On est prié de prendre tout cela au
sérieux, … après les annonces non suivies d’effets de réunions de
circonscription avant le dernier congrès et de plan de formation avant le vote
du 1er octobre !
Pour comprendre ce communiqué, il
faut savoir lire entre les lignes. Aubry a pour l’instant refusé
systématiquement toute rencontre avec les partisans de G. Frêche. Nous sommes
fin octobre et la question du Leader maximo
n’est toujours pas tranchée. Ce n’est pas pour rien que Navarro évoque
l’éventualité que le national ne donne aucune investiture dans la région et
croit de moins en moins que le national tranchera en faveur de leur candidat.
Par ailleurs, il est fondamental
pour comprendre le contexte de lire l’Hérault du jour de ce matin. Il y a en parallèle une interview de
Navarro et une autre de Jean-Louis Bousquet, secrétaire départemental du PC. Et
ce qui est évoqué, c’est de la dynamite ! Ce qui était impensable il y a
quelques mois devient possible. C’est-à-dire une alliance Verts - Front de
Gauche, voire… un rapprochement avec une partie du PS régional, choses évoquées
ouvertement par Bousquet. Bref, l’éventualité d’une large Union de la Gauche
contre Frêche, chose que l’on évoquait il y a encore quelques semaines, devient
aujourd’hui une potentialité de plus en plus crédible. Et c’est peu dire que
les contacts se multiplient depuis plusieurs jours entre ces différents
acteurs. Et c’est le risque majeur pour Frêche aujourd’hui : apparaître le
diviseur face à une gauche proche d’une union que l’on avait du mal à
construire dans la région ces derniers temps. C’est dire que la position du
national, dans les deux camps, est attendue avec impatience par tout le monde.
C’est désormais Martine Aubry qui a en main la définition de la future majorité
de gauche à la tête du Languedoc-Roussillon.
Il y aurait intérêt à lire rapidement les textes déposés par le gouvernement au Sénat concernant l’évolution des modes de scrutin des conseillers généraux et régionaux pour 2014. Il indique clairement que le devenir de la gauche passe nécessairement par sa capacité de regroupement si le projet est adopté tel quel :
En voici un rapide exposé :
Les conseillers généraux et régionaux sont fusionnés dans une nouvelle appellation, celle de conseillers territoriaux. Chaque conseiller territorial est à la fois membre du conseil général et du conseil régional.
Le mode de scrutin est mixte, combinant scrutin majoritaire et scrutin proportionnel
80 % des conseillers territoriaux sont élus au scrutin majoritaire
20 % sont élus à la proportionnelle.
Pour le scrutin majoritaire :
Les conseillers territoriaux sont élus sur la base des cantons. Ces derniers seront massivement redécoupés et devraient être largement réduits en nombre et étendus en volume de population pour s’appuyer sur des socles démographiques plus égalitaires et obtenir un nombre de conseillers territoriaux limités. Le poids des cantons urbains sera donc plus important dans la nouvelle assemblée. Il faut noter que les conseils généraux ne seront même pas consultés sur le redécoupage.
Pour chaque élection cantonale, le candidat arrivé en tête à l’issue du 1er tour est élu. Il n’y a pas de conditions de majorité absolue. La majorité relative suffit. Il n’y a donc plus de 2e tour.
Pour le scrutin proportionnel :
20 % des sièges sont attribués à la proportionnelle. Le principe est simple : l’ensemble des voix non attribuées (c’est-à-dire l’ensemble des voix des candidats non élus) sont comptabilisées à l’échelle départementale, sous deux réserves, un seuil de 5 % d’une part, le rattachement à une liste départementale d’autre part.
Les bénéficiaires de ces attributions sont des listes départementales qui doivent compter au moins un total de 50% des cantons. Pour être recevables, ces listes doivent être présentes dans l’ensemble des départements de la région. Les listes doivent respecter la parité.
Ce mode de scrutin, en l’état actuel, remet globalement en cause le fonctionnement de la gauche qui se compte au premier et définit des désistements réciproques au second. C’est désormais au 1er tour qu’il faut déterminer le partage des voix. La raison est simple, la multiplication des candidatures à gauche fait « naturellement » le jeu de la droite. Une gauche divisée est forcément une gauche perdante…
Quand on connaît la situation actuelle de nos conseils généraux, cela signifie aujourd’hui la nécessité de repenser nos rapports avec le reste de la gauche régionale. Nous y sommes très dominants dans 4 des 5 départements, alors que nos alliés (hors le PC) y sont marginalement représentés. Il va donc falloir assez vite définir une stratégie d’alliance à gauche la plus large possible, ce qui veut dire « abandonner » une partie des cantons que nous détenons actuellement alors que le nombre de cantons va fortement diminuer. Autant dire que la situation des années à venir va être tendue dans les départements, soit parce que des cantons traditionnels « explosent » avec parfois la nécessité de réguler la concurrence entre élus sortants, et qu’il faudra aussi faire de la place à nos alliés. Il n’est donc que temps aujourd’hui de se mettre autour de la table pour poser la question de l’application de nouvelles règles du jeu…. Sachant que toute dissidence à gauche fera mécaniquement le jeu de la droite. Quand on voit comment se met en place le 1er tour des régionales dans la région, on peut se dire que le chemin va être long….
Exemple : Division de la gauche
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Canton X |
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Candidat UMP |
38 % |
ELU |
Pas de report |
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Candidat PS |
35% |
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Report des voix sur la liste PS |
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Candidat FN |
8 % |
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Report des voix sur la liste FN |
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Candidat Vert |
7 % |
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Report des voix sur la liste Verts |
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Candidat DVG |
5 % |
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Pas de report (absence de liste départementale) |
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Candidat PC-PG- |
5% |
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Report seulement si + de 5% sur le département |
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Candidat NPA |
2% |
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Report seulement si + de 5% sur le département |
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Total Gauche |
54 % et 0 élu |
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Dans cette hypothèse, la gauche subit la double peine. Elle perd alors qu’elle est majoritaire sur le canton et par ailleurs elle ne peut bénéficier pour la répartition proportionnelle de l’ensemble des voix réalisées au scrutin majoritaire !
Exemple : Union de la gauche
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Canton X |
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Candidat UMP |
38 % |
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Report des voix sur la liste UMP |
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Candidat Union de la gauche |
51% |
ELU |
Pas de report |
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Candidat FN |
8 % |
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Report des voix sur la liste FN |
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Candidat NPA |
3 % |
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Report seulement si + de 5% départementalement |
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Total Gauche |
54 % et 1 élu |
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